Abdou Doumbia : « J’aimerais changer de club »

Après dix années passées à multiplier les prêts à travers toute l’Italie, Abdou Doumbia se livre à SerieBellissima et nous renseigne sur son avenir, mais pas que. Entretien.

Par Théo Sivazlian et Paul Nachtergaële. Twitter: @theo_sivazlian & @paulnachtr

Abdou, parle moi déjà un peu de ton début de carrière, assez inhabituel je dois l’avouer…

J’ai commencé à 17 ans, j’ai pris le train pour me rendre en Italie parce que mon agent français connaissait un agent italien. Ils se sont mis d’accord et je suis parti faire des essais un peu partout en Italie à Pescara, à Benevento et à Giulianova. Pescara et Benevento voulaient me recruter et j’ai choisi Pescara où j’ai signé un an en amateur. J’ai fait un an avec la réserve et en fin d’année je suis parti en prêt en Serie D à Santegidiese car Pescara ne m’a pas signé pro. J’ai fait une bonne saison et à la fin de l’année j’ai signé cinq ans à Parme.

Ton départ si tôt en Italie, à l’âge de dix-huit ans seulement, n’a pas du être évident à gérer…

Quand je suis arrivé en Italie, j’avais seulement 17 ans. J’étais seul, j’avais pas d’amis, pas de famille à mes côtés. Je comprenais pas la langue. C’était dur pour moi, les débuts surtout. J’ai fait quand même un an sans retourner du tout en France et c’était la première fois que je sortais de Blanc-Mesnils et des Tilleuls donc ça m’a fait bizarre, ce changement soudain d’environnement. J’ai eu des moments où j’ai pleuré et où je pétais les plombs. J’appelais ma mère, je lui disais que je voulais rentrer en France, que j’en avais marre. Mais bon, ma mère m’a toujours appelé pour me soutenir, me rassurer, m’expliquer que les débuts seraient compliqués et qu’il ne fallait pas baisser les bras. Heureusement, ma famille m’a toujours soutenu. J’ai eu un moment où j’ai lâché, je me suis dit « c’est bon j’arrête, je retourne en France ». Je pense que sans ma famille, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui.

Tu as ensuite enchaîné les prêts et transferts avant de finir par t’installer à Lecce, en 2014. Que retiens-tu de cette période et de la ville, du club de Lecce ?

Je suis parti 6 mois à l’Atletico Roma. Ensuite, j’ai fait 6 mois à Ascoli en Serie B, puis un an à Côme. Ensuite, j’ai de nouveau été prêté à San Marino en Serie C puis à Lecce. Au terme de ma dernière année à Lecce, j’ai signé un contrat de 3 ans là-bas. La première année s’est bien passé, on est arrivé en finale de play-offs et on a perdu contre Frosinone qui sont montés en Serie B. C’était un bon délire. La ville est sympa, les gens sont chaleureux. C’est une ville du Sud, il y a toujours du beau temps et la vie est moins chère là-bas. Lecce, c’est un club de Serie C mais qui a toujours connu la Serie A, donc les supporters sont chauds. On avait toujours 12 000, 15 000 personnes qui venaient au stade. En Serie C, c’est du jamais vu. Pour moi, c’est comme si j’étais en Serie B là-bas. Lors de ma deuxième année à Lecce, il y a Fabrizio Miccoli qui est arrivé au club. On le connaît, on sait qui c’est. Jouer avec un grand joueur comme ça, c’était impressionnant mais après ça reste bien évidemment un joueur de foot.

Comment s’est passé cette saison sous tes nouvelles couleurs amaranto ? Comment la juges-tu ?

Ma saison à Livourne s’est bien passé, on est monté, c’était une bonne saison. Personnellement, j’ai fait un bon championnat, je suis content. Le plus important c’était de remporter le championnat et c’est chose faite. Voilà, c’est bizarre, après quatre ans à Lecce de porter un autre maillot. Livourne est un grand club, les supporters là-bas aussi sont chauds donc c’était une vraie bonne année. Je pense que j’étais plus régulier au niveau des matches, je n’ai pas réellement eu de hauts ni de bas, je crois que ça a fait la différence cette saison.

Peux-tu me raconter un moment fort et un temps faible lors de cette saison 2017-2018 avec Livourne ?

Le moment fort c’était lors du derby contre Pise. On a gagné 2-0 et en plus j’ai marqué. On sait très bien comment se passent les derbys, c’est comme Paris-Marseille tu vois, ici c’est Livourne-Pise. Ils peuvent s’entre-tuer. Il y avait beaucoup de monde au stade, c’était un bon moment et un match important pour la montée en plus. Notre moment faible était quand on a eu un mois difficile, lorsque nous avions 12 points d’avance. On commençait à perdre, à faire des matches nuls et le deuxième a commencé à se rapprocher, c’était un moment difficile. Aussi personnellement, car j’ai été moins bien physiquement et j’ai eu des blessures.

Ton prêt se terminant à Livourne (un an) mais comportant une option d’achat, que privilégies-tu ? Un retour à Lecce ou rester à Livourne ? Tu jouerais bien évidemment la Serie B dans les deux cas, mais peut-être qu’un départ à l’étranger te tenterait plus ?

Je ne sais pas, parce que je suis en prêt avec une option d’achat. Je pense retourner à Lecce pour l’instant, mais je ne pense pas y rester car après 4 ans ici, j’aimerais changer de club. On verra, là je suis en vacances et je profite. Un départ à l’étranger, j’ai toujours dit que ça m’intéressait. Il faut connaître les personnes justes, mais ça me tenterait bien. Qui sait ? L’Espagne, l’Angleterre ça m’intéresse.

Toujours concernant ton avenir, revenir en France pourrait être une option ?

Franchement je ne sais pas. J’ai toujours regardé le championnat français et j’ai toujours kiffé ça mais je n’ai jamais eu de contacts en France. Si j’en ai, pourquoi pas ? Mais bon, ça me ferait bizarre quand même parce que je n’ai jamais joué en pro en France, jamais. Je l’ai quittée à 17 ans et mon premier contrat pro je l’ai signé à 18 ans. Après 10 années passées en Italie, ça serait bizarre. En tout cas, je ne ferme pas la porte.

Une première sélection internationale avec le Mali par exemple, est-ce potentiellement envisageable selon toi ?

Quand j’étais en France, quand je jouais avec le Paris FC, j’ai eu un tournoi avec le Mali à Angers. C’est la seule expérience que j’ai eu avec l’équipe nationale. Et après, je n’ai jamais eu de contacts, rien. A vrai dire, je ne pense pas que l’équipe nationale regarde des joueurs de Serie C en Italie, ils regardent plus la France, l’Angleterre… Après bien sûr, j’ai toujours dit que l’équipe du Mali, pourquoi pas. S’ils m’appellent, j’y vais même à pied.

Enfin, deux dernières petites questions: tout d’abord, quel a été ton meilleur coéquipier, celui avec lequel tu t’es le mieux entendu au fil de ta carrière ?

Franchement, il y en a tellement. La première année, quand je suis passé de San Marino à Lecce, il y a eu un changement de niveau concernant mes coéquipiers car ce sont des joueurs qui ont connu la Serie A, la Serie B. Moi, j’étais un joueur lambda. Il y avait Fabrizio Miccoli, Walter Lopez qui m’ont fait progresser. Moi j’étais jeune, ils m’ont conseillé et me parlaient souvent, dans quels domaines je devais m’améliorer. Ils me montraient mes forces, mes faiblesses. Même cette année, j’ai eu beaucoup de coéquipiers avec qui je me suis bien entendu. Il y avait l’attaquant Daniele Vantaggiato, Pasquale Maiorino le numéro 10. Il y en a tellement qui m’ont fait progresser… A une époque, je me sous-estimais mais j’ai su au fil du temps croire en mes qualités. Même cette année, mon entraîneur Andrea Sottil m’a énormément fait progressé. Il m’a surtout rendu important, en tant qu’homme, qualité qui m’est importante.

Ton modèle/idole, celui qui t’a fait aimer le football ?

Je n’en ai pas vraiment, mais mon idole de jeunesse c’était Zinédine Zidane. Je l’ai toujours aimé en tant que footballeur et en tant qu’homme. Il a toujours aidé ses coéquipiers, c’est une qualité que j’apprécie. Après j’aime bien Cristiano Ronaldo en ce moment et N’Golo Kanté. C’est un joueur que j’aime beaucoup, en dehors du terrain c’est un mec tranquille et sur le terrain aussi, il récupère énormément de ballons. Après, si je croise Zidane même aujourd’hui, je lui demande une photo parce que j’ai grandi en suivant ses performances.

Nous tenions à remercier Abdou – qui est par ailleurs le parrain du site – pour sa gentillesse, sa disponibilité et son temps libre pris afin de nous accorder cette interview. Bonne chance pour la suite de ta carrière, nous suivrons ta progression attentivement !

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