Alberto Paleari : « Mon rêve est de jouer en Serie A avec Cittadella »

Alberto Paleari, gardien de but de l’A.S Cittadella âgé de 26 ans, ne fait pas vraiment partie de cette génération « dorée » (classe 1990-2000) de portiers italiens. Perin, Meret, Cragno… La liste est longue. Au milieu de tout ce beau monde, le nom de Paleari ne vous évoque sûrement pas grand-chose : vous allez apprendre à bien le connaître. Et méfiez-vous du lombard qui ne cesse de gravir les échelons un à un et ambitionne à présent de jouer en Serie A avec Cittadella… En attendant, des playoffs passionnants s’annoncent pour la petite ville vénitienne, déjà demi-finaliste l’an passé. Entretien vérité avec le dernier rempart granata pour SerieBellissima.

Par Théo Sivazlian – Twitter: @theo_sivazlian

Alberto, vous êtes né en 1992 du côté de Giussano, à 25km au nord de Milan, et vous avez débuté le football dans le club de votre ville de résidence, à Seregno. J’imagine que ces deux villes occupent une place particulière dans votre cœur…

Oui, Seregno est dans mon cœur. Ma famille habite encore là-bas, où nous possédons un magasin de réparations d’outils.

En 2008, à seulement 16 ans, vous êtes repéré par l’un des clubs les plus prestigieux de la péninsule italienne : l’A.C Milan. Signer là-bas devait être un rêve qui devenait réalité, surtout pour un lombard comme vous…

Oui, le Milan est mon équipe de cœur. Je les ai toujours soutenu, supporté, et jouer pour eux était quelque chose d’excitant, de très fort émotionnellement.

Dès lors, vous parvenez à vous imposer comme le gardien titulaire de la Primavera (équipe U20), effectuant trois saisons pleines sous les couleurs rossoneri. Votre adaptation au haut niveau s’est faite naturellement ? Avez-vous tout de même rencontré certaines difficultés ?

Effectivement, tout n’a pas été facile mais j’ai progressé au fur et à mesure sous la direction de très bons entraîneurs. (Francesco) Navazzotti, (Marco) Romano et (Ignazio) Abate m’ont, entre autres, beaucoup apporté en me permettant d’avoir une ligne de travail très importante.

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            Paleari et son coéquipier Ghiri, époque A.C Milan 2012/2013.

Certains gardiens sont connus pour être plus exubérants, introvertis, communicants, discrets… Quel est votre propre style ?

Personnellement, je suis très calme, pacifique. J’essaie de tirer le meilleur de chacun de mes coéquipiers sans exagérer dans la colère, la joie…

En février 2010, grâce à vos bonnes performances, vous êtes promu troisième gardien de l’équipe senior du Milan. Celle des Ibrahimovic, Pirlo, Abbiati… Que retenez-vous de cette période ?

Aujourd’hui encore, c’est difficile pour moi de l’expliquer. C’est comme réussir à toucher les étoiles, le paradis ! Nous parlons ici de professionnels, de grands champions exemplaires.

A l’été 2011, vous décidez de quitter le Milan, où l’horizon est pour le moins bouché… Mais pas la Lombardie. Vous signez ainsi en Serie D, du côté du petit club de Pontisola, où vous effectuez une saison réussie avec 37 apparitions et une deuxième place au classement. Quels souvenirs gardez-vous de cette année ?

Oui, nous pouvons dire que la Serie D a été un championnat de formation excellent pour moi. C’est arrivé au bon moment et ce fut parfait pour continuer à progresser individuellement sur de nombreux aspects.

Cette belle saison vous ouvre certaines portes et à l’été 2012, à seulement 21 ans, vous gravissez un échelon en signant à Tritium, dont l’équipe première évolue alors en Serie C. Et celle-ci présente une nouvelle fois la particularité d’être située en Lombardie, près de Milan… Était-ce une réelle volonté de votre part de ne pas quitter votre région natale ? Peut-être pour montrer au Milan qu’il avait eu tort de ne pas vous garder ?

Effectivement, mon mercato a toujours été très régional… Les observateurs étant tous à proximité et l’acclimatation plus facile pour moi, c’était le choix que j’avais décidé de faire.

Votre passage au sein d’un club désormais disparu n’est pas une franche réussite : vous ne disputez que sept petites rencontres lors de la saison 2012-2013. Comment expliquez-vous cela, vous qui sortiez pourtant d’une belle saison à l’échelon inférieur ?

Là-bas, mon coéquipier au poste de gardien donnait plus de certitudes que moi grâce à son expérience, mais cela ne fut pas un véritable problème pour moi. D’ailleurs, j’en garde quelques bons souvenirs malgré tout.

Durant l’été 2013, vous êtes alors transféré du côté du Virtus Verona, qui est promu pour la première fois de son histoire en Serie C. Avec les rossoblù, vous réalisez votre meilleure saison jusqu’alors : 34 matchs disputés et un trophée de « meilleur gardien de l’année » du championnat qui vous est décerné ! A quoi attribuez-vous votre réussite ? L’environnement de la ville vénétienne était idéal pour vous ?

Il est certain que je me rappelle de cette année avec fierté : un groupe sympathique et des entraîneurs confirmés, préparés, c’est la recette pour que cela fonctionne !

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Alberto Paleari en action sous les couleurs du Virtus Verona, en 2014.

Sauf que voilà, votre parcours est décidément très mouvementé et durant l’été 2014, vous décidez de revenir en Lombardie pour signer à l’A.C Mantova, toujours en Serie C. Il s’agit là de votre cinquième club à seulement 22 ans ! Quelles furent les raisons de votre départ du Virtus, avec lequel vous sortiez pourtant d’une superbe saison ?

Au départ, je ne voulais pas forcément quitter Vérone, mais Mantova me désirait fortement dans l’espoir de réaliser un bon championnat. J’ai donc fini par décider de signer là-bas.

De nouveau, et assez étonnamment, vous ne parvenez pas à vous imposer au sein du club biancorosso alors que la saison précédente avait été une franche réussite. Que s’est-il passé là-bas ? Comment avez-vous vécu cette période compliquée ?

A Mantova, l’entraîneur d’alors (Ivan Juric, ex-entraîneur croate, entre autres, du Genoa. NDLA) ne voyait pas en moi un gardien fiable, sur lequel il pouvait compter. De mon côté, je me suis toujours entraîné à 100%, donnant le maximum. J’ai toujours joué de la même manière.

En janvier de cette même année, soit en 2015, vous recevez un appel de l’A.S Giana Erminio, également en Serie C, et qui a la particularité d’être le club de la ville de… Gorgonzola. Vous n’hésitez pas et vous êtes ainsi transféré lors du mercato hivernal. Que retenez-vous de votre échec à Mantova ?

Mantova est une expérience qui a duré six mois, durant laquelle j’étais en mal de temps de jeu. Je cherchais alors une équipe qui me permette de progresser, de franchir un palier et c’est ce que j’ai fais en signant à Giana. Je garde de Mantova un excellent souvenir, mais j’ai dû réaliser un choix professionnel.

Avec Giana Erminio, vous retrouvez la confiance et votre jeu en disputant la deuxième partie de saison du championnat 2014/2015. D’ailleurs, en parlant de jeu, comment caractériseriez-vous le vôtre ? Sobre, efficace, spectaculaire… ? Votre taille est un véritable atout dans le jeu aérien (1m92) mais vous semblez également à l’aise au pied…

Oui, j’aime beaucoup jouer avec les pieds, réaliser de longs dégagements vers mes attaquants. Je ne pense pas que je réalise beaucoup de parades spectaculaires, mais elles sont très efficaces…

A l’été 2015, un petit miracle se produit : vous n’êtes pas transféré. Et au contraire, un joli évènement vient embellir votre jeune carrière: à 23 ans, vous remportez avec la Squadra Azzurra les jeux d’été d’universités à Gwangju, en Corée du Sud, et ce contre le pays hôte. Parlez-nous un peu de ce tournoi méconnu et de cette expérience sous le mythique maillot italien…

Avoir réussi à remporter le tournoi, qui plus est sous ce maillot, et obtenir cette médaille d’or fut quelque chose de super, de fantastique. Mais rien ne fut pour autant facile : là-bas, nous avons conquis les victoires avec énergie et sueur.

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Entouré de trois de ses coéquipiers, Paleari célèbre la victoire finale obtenue par la Squadra Azzurra aux jeux d’été des universités à Gwangju en 2015.

L’année 2015/2016 est celle de la confirmation avec Giana Erminio : vous disputez une saison pleine, à l’instar de celles passées avec Pontisola ou encore le Virtus Verona. Votre passage chez les biancazzurri vous a apporté la stabilité, la maturité qu’il vous manquait peut-être jusqu’alors ?

Avec Giana, j’ai disputé une saison entière, stable, à un bon niveau. Nous avions réussi à obtenir notre objectif de la saison, à savoir se maintenir en Serie C. Ce fut quelque chose de gratifiant, très important pour moi.

Fort de cette belle saison et demie à Gorgonzola, vous êtes courtisé par de nombreux clubs: tous les regards sont braqués vers vous. A l’été 2016, c’est le grand saut : à 24 ans, vous faites votre come-back en Vénétie en signant pour l’A.S Cittadella, en Serie B. Quelles ont été les raisons qui vous ont poussées à faire ce choix ?

Je suis allé à Cittadella pour les hautes ambitions de l’équipe, du club, mais aussi pour pouvoir monter de catégorie et continuer à grandir. Jouer en Serie B était un des mes objectifs principaux.

Ce transfert marque aussi une trajectoire linéaire dans votre progression : Primavera, Serie D, Serie C, Serie B. Il s’agit là d’une belle preuve que même en partant de tout en bas, en travaillant dur, tout est possible…

Oui, je le pense également. Mon but a toujours été de pouvoir jouer au plus haut niveau possible, et cela demande énormément de travail… Mais j’ai toujours réussi à obtenir ce que je voulais.

Avec Cittadella, vous terminez ainsi cette année votre troisième saison de rang sous les belles couleurs granata. Depuis votre arrivée au club, vous ne cessez de monter en puissance dans vos prestations et l’équipe entière en bénéficie, avec laquelle vous vous êtes hissés jusqu’en demi-finales des playoffs l’an passé. Vous semblez enfin avoir trouvé le club, la ville et les tifosi qui vous conviennent le mieux…

Tout à fait, je suis pleinement épanoui à Cittadella. La ville, les gens, l’environnement… Tout est superbe malgré le fait qu’il s’agit d’une petite ville. Je suis très heureux de pouvoir évoluer ici.

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A Cittadella, le portier granata rassure par sa présence… et en impose.

Tout simplement, quel est l’objectif du club en cette fin de saison ?

Notre but est de répéter exactement ce que nous avons réalisé les années précédentes : à savoir aller en playoffs ! Ensuite, nous verrons bien ce qu’il se passera…

A plus long terme, la prochaine étape n’est-elle pas de jouer en Serie A avec ou sans Cittadella ?

Effectivement, mon objectif est de pouvoir monter en Serie A avec Cittadella. Je ne sais pas quand est-ce que cela arrivera, mais cela serait un rêve pour moi de réussir à porter cette petite ville dans un championnat aussi prestigieux.

Et si vous y parvenez, le tout conjugué à d’excellentes prestations, pourquoi ne pas rêver de la Nazionale ? Même si la concurrence est rude, vous y avez déjà goûté au niveau universitaire…  (voir ci-dessus)

Non, je n’y pense pas, cela n’est pas dans un coin de ma tête. Il y a d’autres excellents gardiens de but en Italie qui y prétendent… 

Dernière question : quel est votre modèle dans les buts, celui qui vous a donné l’envie de devenir gardien et qui vous inspire encore aujourd’hui ?

Je n’ai pas vraiment d’idoles, mais j’ai regardé tant de gardiens jouer… Par le passé, j’appréciais beaucoup Toldo, Buffon ou encore Pagliuca. Aujourd’hui, des gardiens tels qu’Ederson ou De Gea sont des sources d’inspiration pour moi.

Encore un grand merci à Alberto pour sa gentillesse, sa disponibilité et rapidité avec laquelle il a répondu à mes questions.

Grazie mille e in bocca al lupo !

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