Pordenone, passager anecdotique ou fidèle éventuel ?

Pour sa toute première saison en Serie B, le club du Frioul ne compte pas se muer en victime expiatoire, journée après journée. Les troupes d’Attilio Tesser commencent même à créer une mini-sensation dans la division. Jusqu’à déjouer les pronostics ? L’historique pourrait conforter cette hypothèse.

Ce pourrait être le conte de fées de cette saison de Serie B. Pordenone, bourgade de 52 000 habitants juchée aux confins du nord-est italien, à une centaine de kilomètres de la frontière slovène, fait figure de petit poucet de l’antichambre, cette saison. Un cas à part ? Pas tant que ça. Depuis que la Serie B se nomme Serie B – il faut remonter à 1929 –, bon nombre de villes de 55 000 âmes ou moins s’y sont illustrées. Certaines devenant des références du second échelon du calcio. Quelques clubs ont même osé goûter à l’élite. A l’instar de Sassuolo, porte-drapeau absolu de ces villes moyennes qui montent qui montent, actuellement.

« Une équipe carrée, compacte et humble »

Aujourd’hui, Pordenone est playoffable. Oui playoffable ! Après seulement sept journées de championnat. Il faut évidemment rester pondéré. 8es au classement avec trois victoires, deux nuls, et deux défaites au compteur, les Neroverdi (comme Sassuolo, tiens, tiens) sont néanmoins « LA surprise de ce début de saison », comme l’écrivait, il y a peu, Théo Sivazlian ici-même, dans son premier bilan de l’exercice en cours. Pas mal pour un prétendant… à la relégation. Et la formation d’Attilio Tesser présente quelques caractéristiques du parfait candidat au maintien. « C’est une équipe carrée, compacte qui joue très bien ensemble. Ils sont organisés mais surtout humbles et prédisposés au sacrifice. Le genre de qualités qui aident dans ce championnat. Ils donnent même l’impression de ne pas ressentir de pression particulière et continuent de surfer sur l’enthousiasme de la montée. » L’élogieuse tirade est signée Cristian Bucchi, l’entraîneur d’Empoli… qui a mordu la poussière (2-0) contre Pordenone lors de la précédente journée. Une performance majuscule. Avant la rencontre, les Toscans étaient leaders du championnat et surtout invaincus !

De quoi inspirer ces quelques mots à Attilio Tesser… teintés d’une pointe de pragmatisme : « Nous avons réalisé une très grande prestation… Dommage que nous n’ayons pas inscrit le troisième but », admettait froidement le technicien frioulan après l’exploit de ses protégés. « On a le bon état d’esprit pour obtenir le maintien. On peut encore beaucoup s’améliorer, mais les résultats sont déjà intéressants. » Tous semblent donc avoir la tête sur les épaules. Facteur indispensable pour appréhender un parcours long et semé d’embûches. D’autant que l’histoire de la Serie B pourrait donner raison à Pordenone.

Si l’on se penche sur les statistiques depuis 1929 et que l’on combine la population de la ville (55 000 habitants ou moins donc) avec le nombre de saisons passées par l’équipe de la dite cité dans l’antichambre, la moyenne oscille entre 5 et 6 saisons en Serie B pour ces clubs. Pordenone étant la 50e formation de ce type à avoir accédé à la deuxième division. Bien sûr, la vision demeure très subjective et ne tient pas compte de l’homogénéité du championnat sur telle ou telle année ou des difficultés (parfois administratives) rencontrées par ces équipes dans le passé. Les chiffres, rien que les chiffres. Récemment, on dénombre quatre exemples d’aller-retour expéditif. Ainsi, Portogruaro (en 2010-2011, 24 000 habitants), Gallipoli (en 2009-2010, 20 000), Alzano (en 1999-2000, 20 000) et Fermana (en 1999-2000, 37 000) n’ont tenu qu’une année.

A l’inverse, de véritables champions de la stabilité émergent des archives. Certains se sont même frottés à l’élite : Ascoli (48 000 âmes, 23 saisons en Serie B), Empoli (48 000, 21), Avellino (53 000, 19) ou tout récemment Frosinone (46 000, 9). Mention spéciale à Cittadella, bastion s’il en est, qui a frôlé l’ascension en Serie A au printemps dernier, et qui affiche le meilleur ratio habitants / présences en Serie B : 20 000 résidents et 13 exercices pour le club coincé entre Vicence, Trévise et Padoue. Une exception quasi culturelle certes mais peut-être l’exemple à suivre pour Pordenone. Après tout, n’est pas Châteauroux qui veut. 44 000 habitants pour… 40 saisons de Ligue 2 ! La véritable recette du bonheur se trouve peut-être plus près de nous. Une petite escapade dans le Berry s’imposerait presque…

Michaël KLAWINSKI.

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