Filippo Boccardi : « Il n’y a pas plus grand honneur pour moi que de jouer à Grosseto » (Episode #3)

Salut Pippo, merci de prendre un peu de temps pour nous parler de Grosseto et de ta carrière de joueur. Déjà, est-ce que tu peux te présenter pour nos lecteurs français ?

Je m’appelle Filippo Boccardi, je suis né à Grosseto et j’ai commencé à jouer au foot à l’âge de 4 ans dans le petit club de Saurorispescia, un des quartiers de la ville.

Comme tu es formé au club, tu es une sorte de « bandiera » du Grosseto. Qu’est-ce que cela signifie pour toi de jouer pour cette équipe ? Est-ce que tu as une relation spéciale avec les tifosi  ?

Pour moi, jouer pour Grosseto c’est d’abord une grande et unique émotion. Jouer pour le club de sa ville m’emplit de fierté et je le vois comme un honneur. En ce qui concerne mon rapport avec les tifosi, on est très proches au point de s’appeler régulièrement au téléphone avec les capi des ultras, qui sont des amis.

Quels sont tes premiers souvenirs de Grosseto ? Les saisons en Serie B dans les années 2000 ?

Je me souviens particulièrement de l’époque où le club était en Serie B car j’étais ramasseur de balle à chaque match ! Bien sûr, je me souviens aussi de la montée en Serie B… et de notre échec aux playoffs, en 2009.

Tu avais un joueur préféré à l’époque ? Une sorte de modèle ?

Mauricio Pinilla (attaquant international chilien passé par Palermo et le Cagliari, NDLA) était une des mes idoles… surtout parce que la saison où il a joué pour nous, il a pratiquement marqué plus de buts que joué de matchs (24 buts en 25 matchs) !

Cette saison est réellement ta première comme footballeur professionnel à ce niveau (Serie C). Pour toi, qu’est-ce qui change réellement ?

Je ne pense pas que le niveau change réellement, c’est plus une question d’intensité, de préparation des adversaires et de rythme.

Parle-nous un peu du quotidien d’un joueur de Serie C. 

La vie est un peu monotone vu que l’on s’entraîne tous les jours, même le samedi, et que l’on joue le dimanche. A chaque déplacement, on part généralement une journée avant. Et sur mon temps libre, en ce moment pas beaucoup de choix : c’est simple, je reste à la maison. 

C’est une saison particulière avec la COVID, est-ce que ça pèse de jouer sans les tifosi  ? 

La Covid a tout changé. Déjà, les matchs à huit clos donnent l’impression de jouer en amical, c’est difficile de jouer sans les ultras car tu dois te motiver seul et tu ne peux pas compter sur eux pour te donner le coup de pouce nécessaire dans certains moments des matchs…

Filippo Boccardi est le symbole de ce Grosseto familial, populaire, à dimension humaine. Crédit photo : Il Giorno

Repassons au terrain si tu veux bien. Quand on voit l’équipe jouer, on n’a pas vraiment l’impression que vous venez d’être promus de Serie D. On vous voit lutter ensemble sans jamais baisser les bras. Tu peux nous raconter comment fonctionne le groupe ?

C’est simple, c’est le secret de notre succès depuis quelques années ! On est très unis, très proches en dehors du terrain et ça se voit pendant les matchs. On a réussi à bien intégrer les nouvelles recrues.

On a souvent l’idée que la Serie C est un championnat assez homogène, car pauvre tactiquement. Pourtant quand on vous voit jouer, on remarque que l’équipe est très souple en étant capable de changer de schéma de jeu plusieurs fois pendant un match. 

C’est vrai, Il Mister nous demande de jouer en 4-3-1-2 mais on passe souvent en 3-5-2 pour avoir un défenseur de plus et conserver un avantage… ou pour tenter de reprendre la maîtrise du match. 

Vous avez fait une belle première partie de championnat, l’objectif du maintien devient de plus en plus crédible, j’imagine que vous avez de plus grandes ambitions ? (à l’époque de l’interview, Grosseto était neuvième en zone playoffs).

Notre objectif c’est avant tout le maintien. Mais après, vu qu’on prend match après match, si on arrive en playoffs alors ça sera une magnifique récompense. Mais je le répète, notre premier objectif est de réussir à nous sauver !

Revenons au club. Etant de Grosseto, j’imagine que tu as un rapport particulier avec le vice-président qui était un ultra ? 

Oui, on a une très bonne relation ! Son passé d’ultra fait qu’il est très direct avec nous. Il nous demande de « suer » pour le maillot et de donner le maximum à chaque match. 

Le plan de la famille Ceri pour le club est intimement lié à la ville. Il y a cette volonté de faire grandir le calcio à Grosseto pour les jeunes de la ville. Selon toi, cette question d’identité, pour un club, c’est important ? 

Oui, je pense que l’identité est très importante, ça doit être l’épine dorsale de l’équipe qui est composée de personnes de Grosseto. Il est normal pour nous, les locaux, que ce maillot ait un poids différent et qu’on ait aussi ce désir de tout donner à chacun de nos matchs. Regarde, de nombreux journalistes locaux me qualifient d’ « exemple » pour les enfants de la ville. Il n’y a pas plus grand honneur pour moi vu que j’étais l’un d’eux il y a seulement quelques années ! Je souhaite à tous de pouvoir jouer un jour avec le maillot de leur ville.

Dernière question : ton contrat se termine à la fin de la saison, qu’est ce-que tu prévois pour la suite ? 

D’abord, je souhaite que le club se sauve le plus rapidement possible, et pourquoi pas dans la première partie du classement. Après pour moi, l’important c’est de bien s’entraîner afin d’être performant le dimanche. Nous verrons pour l’avenir.

@ElioGusti sur Twitter.

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